mercredi 2 juillet 2008

Plus de silence pour la violence!

Encore un peu ou moins....choisissez le sens que vous donnez à ce titre. Les silences entourant la violence conjugale sont scandaleux. Les silences des voisins, des proches, des professionnels.

Savez-vous qu'au Québec, notre belle province, il existe une loi appellé la loi du bon samaritain.
Selon ce beau principe,nous sommes dans l'obligation (sans mettre notre vie en danger) de porter assistance à toute personne en danger. Pourquoi n'est elle pas appliqué dans ce cas précis? La personne étant majeure, elle est considerée apte à prendre soin d'elle-même. Facile hein?

Avez-vous déjà parlé à une femme (ou un homme ne nous cachons pas de cette réalité) qui était dans cette situation au moment de la conversation? Si oui, vous avez sûrement remarqué que toute la manipulation de cette relation lèsait sa logique. Comment pouvons nous prendre une décision éclairé quand autant d'éléments clés sont en jeux? Quand nous sommes tellement manipulé que l'on vient a penser que nous sommes artisants de nos malheurs. Quand l'espoir est si présent que l'on accepte chaque fois les coups en espèrant qu'ils soient les derniers. Que malgré tout, l'amour est présent et qu'on ne peut toleré l'idée de lui infliger une peine criminelle. Que l'on craint les conséquences financières, sociales, personnelle, etc.

Capable de prendre soin de soi hein? Huuuum!

Je me voyais déjà du bel appartement au taudi, de la voiture à l'autobus, de famille à monoparentale, de conjointe de Mr. X à personne totalement seule, l'attente du chèque d'aide sociale, la gêne du retour à la maison maternelle, etc, etc, etc.

Capable de prendre soin de soi hein?

Quand quelqu'un reste silencieu, il ne donne pas le coups de pouce obligatoire à la seule solution possible. Non seulement il refuse de l'aide à une personne en danger mais il cautionne en parti le comportement du bourreau en ne lui expriment pas le refus social de ses actes.En le laissant assouvir ses bas instincts en toute impunité, il fini par comprendre que c'est acceptable et la victime..........La victime fini par croire que vraiment elle est seule, personne ne l'aidera. Elle s'isole encore plus. Ainsi vont les cercles vicieux.

Jamais le silence ne sera acceptable...... plu(s) de silence pour la violence?

Un départ, une vie!

L'image est on ne peut plus clair. Rester était trop dangereux...Partir, oui mais comment? Par panique. Comme certains ont sauté le 11 septembre. Ils avaient plus d'espoir à sauter qu'à rester. Le saut de l'ange, je l'ai fait. Une peur immense m'a envahie.... cette fois je ne pourrais pas m'échapper. J'ai profité de l'instant de diversion crée par ma tante (merci encore) pour courrir chez le voisin avec mon fils de 2 mois.

Un véritable saut dans le vide. Tout quitter comme les sauteurs quittent la terre ferme. Un sacré coup d'adrénaline pour eux, un coups de survi pour moi.

La chute aura durée du 16 juin 2003 au 17 décembre 2005. Date de mon saut jusqu'au prononcé final de la cour: ACQUITÉ!

J'ai vu le sol arrivé. Je tombais sur mes pieds ou je perdais la tête. La justice telle qu'on l'entend ne me sera jamais rendu. Pour son clan, c'est la preuve irréfutable que je suis menteuse. C'est lui la victime.

Croyez-le ou non, je lui ai laissé ce rôle. Qu'il s'y engoufre, moi je ne veux plus être SA victime. J'ai relevé mes manches. Dorénavant je menerai la vie que j'aurai choisi. J'ai une vie moi...Lui il est encore Ma victime?

Chuuuute! c'est un secret.

Les victimes sont silencieuses.Elles ont peur,honte,n'ont pas la force nécessaire,etc.Mais après?Pourquoi resterions-nous silencieuses?
Ce forum n'est pas un lieu de vengeance mais un lieu d'opinions et de témoignages.Où je peux enfin sans honte aucune(plutôt avec une fièreté retrouvée)dire que je ne serai pas victime toute ma vie et j'espère vous non plus.Enfin pouvoir dire (via la magie d'internet)au monde entier qu'une victime est un roseau....Elle sait plier,mais elle fouette en ce relevant!!!

Nous n'avons plus à avoir honte ici, nous ne sommes plus que de singulières victimes, nous sommes devenus des survivant(es).

Carcan de la victimisation

Si doux il est, que c'est bon la compassion, que c'est gratifiant d'être vu. Cet état est normal dans un premier temp. Avoir de la peine, être traumatisé n'est pas un manque de caractère.Il faut premièrement panser les blessures, réapprendre la sécurité.

Mais attention il y a un piège au détour. Celui d'y rester. Nous ne naissons pas victimes et le rester trop longtemps donnera raison à celui ou celle qui vous traitait de faible.

On devient victime de nous-même. Lancez-moi des roches mais c'est ainsi. Il sera toujours plus facile de faire pitié que de se relever les manches. A vivre dans la complaisance c'est nous que l'on tue. Décourbons la position foetal pour marcher droit enfin. Vous avez perdu de vue celui ou celle que vous étiez...Hé bien maintenant, AVANCEZ! L'agresseur(e) n'est pas parti avec votre personnalité(quoiqu'il l'eut grandement piétiné)

Si la beauté n'ammène pas à manger, la pitié encore moins!

Pourquoi?

Je répond pourquoi pas? Pourquoi les autres et pas moi? Plutôt que pourquoi moi! J'ai été victime....Mais je refuse de l'être toute ma vie durant!

Faites le test, allez sur google et tapez ` violence conjugale opinion`.Et puis? Presque rien! D'autres s'en occuperont certe, mais nous? Nous qui savons de quoi nous parlons, nous qui savons trop bien comment des femmes se sentent présentement, nous, nous, nous.

Notre silence en fait indirectement souffrir d'autres! Pourquoi je ne trouve que très rarement des témoignages de Québecois(es) qui racontent leurs renaissances? Il est impératif de démontrer que personne ne peut nous enlever la seule chose que nous possédons vraiment.....Notre instinct de survi.

Comme je le dis plus haut, je me suis vu tel un roseau. J'ai plié,presque cassée, mais.....MAIS....Je me suis redressé encore plus raide que je ne l'étais.

Plus raide en effet. Plusieurs m'ont dit que j'ai été forte. Non! Pas plus que n'importe qui puisque j'ai quitter sous la peur. Ma force est d'avoir compris que cette épouvantable épreuve était en réalité une chance inouï. Complètement détruite j'étais, j'ai eu cette chance de me rebâtir une vie à MA mesure. Plus jamais de bateau monté de toutes pièces.

Imaginez avoir la chance de tout recommencer. Wow! Ouf! Aie! C'est douloureux mais lorsque je me retourne pour regarder le chemin parcouru en 5 ans....Wow!